Définition et différences AGV / AMR
Un AGV (Automated Guided Vehicle) est un chariot autonome qui suit un trajet prédéfini par un guidage physique : fil noyé dans le sol, bande magnétique, marqueurs, ou plus récemment guidage laser réflecteur. L'AGV ne dévie pas de sa trajectoire et s'arrête en cas d'obstacle inattendu.
L'AMR (Autonomous Mobile Robot) est une évolution récente qui utilise la cartographie SLAM (Simultaneous Localization And Mapping) à partir de scanners laser et de caméras pour naviguer librement dans un environnement, contourner les obstacles dynamiques (piétons, autres chariots) et optimiser ses trajets en temps réel. L'AMR ne nécessite pas d'infrastructure lourde et peut être déployé en quelques semaines.
Catégories disponibles
Le marché distingue plusieurs gammes selon la charge utile, la nature du chargement et l'environnement.
Matériaux principaux
| Type / Variante | Application typique | Caracteristique cle |
|---|---|---|
| AMR sous-palette compact | Convoyer palettes, bacs, contenants | Charge 100 à 1 500 kg, dimensions sous palette |
| AMR convoyeur intégré | Manutention de bacs en logistique | Convoyeur ou tablier sur le dessus |
| AGV chariot tracteur | Trains de chariots remorqués | Tirer 1 à 8 chariots de 1 t chacun |
| AGV gerbeur autonome | Stockage palettes en racks haute hauteur | Hauteur jusqu'à 12 m, palette 1 200 kg |
| AMR collaboratif coopératif humain | Préparation de commandes | Suivre opérateur en goods-to-person |
Caractéristiques techniques courantes
- Batteries lithium-ion 24 V à 80 V avec recharge automatique au poste
- Scanner laser de sécurité (SICK, Pepperl+Fuchs) classe Cat. 3 PL d
- Localisation SLAM par caméras 3D ou scanner laser ToF
- Communication WiFi 5 GHz ou 5G pour flotte > 50 véhicules
- Logiciel de fleet management pour gestion centralisée des trajets
Normes et sécurité
Les véhicules autonomes industriels sont régis par un cadre normatif récent (2020-2023) qui structure leur déploiement.
- NF EN ISO 3691-4 - exigences sécurité chariots industriels sans conducteur
- ISO 13849-1 - sécurité commande PL d ou e selon application
- CEI 62046 - dispositifs de protection sensibles à la pression
- VDA 5050 - protocole d'interopérabilité fleet management (Allemagne)
- NF EN 1525 - règles de sécurité chariots automoteurs sans conducteur
Étapes d'intégration
Un projet AGV/AMR suit généralement un cycle de 4 à 9 mois entre cadrage et mise en service complète.
1. Audit du flux intralogistique
Cartographie des flux actuels (origine, destination, fréquence, charges, créneaux), identification des trajets robotisables, calcul du retour sur investissement potentiel.
2. Conception de la flotte
Dimensionnement du nombre de véhicules, choix des modèles selon charge et environnement, conception des stations de charge, intégration avec WMS/MES existants.
3. Adaptation infrastructure
Marquage de la zone (peinture au sol pour AMR-friendly), installation de réflecteurs si AGV laser, vérification des largeurs de circulation, sécurisation des intersections.
4. Programmation et mapping
Cartographie SLAM de l'environnement par les AMR en mode learning, paramétrage des trajets, intégration des règles métier (priorités, zones interdites, vitesses).
5. Tests progressifs
Mise en service progressive avec un puis plusieurs véhicules, validation des cadences, identification des goulots, ajustements de la programmation et de l'infrastructure.
6. Exploitation et amélioration continue
Suivi des KPI (taux de service, distance parcourue, batterie, événements), optimisation continue des trajets, ajout progressif de nouveaux flux robotisés.
Marché français
Le marché français des AGV et AMR a explosé ces 5 dernières années, passant d'environ 50 millions d'euros en 2019 à plus de 280 millions d'euros en 2024. Plusieurs fabricants français se sont imposés (BA Systèmes, Effidence, Eyhsa, Sherpa Mobile Robotics, Sterela), face aux acteurs internationaux (MiR, Geek+, Locus Robotics, OTTO Motors, Kuka).
Les tendances majeures sont l'extension à des environnements plus complexes (hôpitaux, cuisines centrales, datacenters), l'intégration native dans les WMS et MES, et l'arrivée des cobots mobiles (AMR + bras robotique embarqué) pour le picking en goods-to-person automatisé.
Applications industrielles
Les AGV et AMR équipent une variété croissante de secteurs au-delà du seul entrepôt logistique.
- Entrepôts e-commerce (Amazon, Cdiscount, Veepee)
- Usines automobile (transport composants entre lignes)
- Hôpitaux et cliniques (transport linge, repas, médicaments)
- Industries pharmaceutique et cosmétique (zones GMP)
- Centres de distribution agroalimentaire (chambres froides)
- Datacenters et industries IT (manipulation serveurs)
Questions fréquentes
AGV ou AMR : quel choix ?
AGV pour les flux très répétitifs sur trajets fixes, environnement stable, longue durée d'utilisation (10-15 ans amortissement). AMR pour les environnements évolutifs, les déploiements rapides (4 semaines), la flexibilité d'ajout de nouveaux trajets sans modifier l'infrastructure. AMR est devenu le standard pour la majorité des nouveaux projets.
Quel est le retour sur investissement typique ?
Pour un AMR à 80-150 K€ remplaçant un poste de manutentionnaire 24h/24, le retour est de 18 à 36 mois en moyenne. Pour les flottes de plusieurs dizaines d'AMR, la mutualisation infrastructure et logiciel réduit le coût unitaire et améliore le retour.
Comment garantir la sécurité face aux piétons ?
Scanner laser de sécurité 360° certifié PL d ou e, double détection (laser + caméra 3D), arrêt d'urgence en moins de 200 ms, vitesse adaptative en zone partagée (2 km/h en présence humaine vs 5 km/h en zone réservée), formation obligatoire des opérateurs au comportement à adopter.
Une AMR peut-elle fonctionner en chambre froide ?
Oui, plusieurs modèles spécifiques sont conçus pour fonctionner jusqu'à -25 °C (gestion thermique de la batterie, pneumatiques adaptés, scanners laser dégivrants). Pour les chambres -40 °C négatif, les déploiements restent rares mais existent dans certains entrepôts surgelés.
Comment connecter une flotte AGV/AMR au WMS ?
Via une API REST ou un protocole standardisé (OPC UA, VDA 5050). Le WMS envoie les missions de transport au fleet management, qui distribue les ordres aux véhicules disponibles. Les retours d'état (mission acceptée, en cours, terminée, échec) remontent en temps réel vers le WMS pour mise à jour du stock.