Qu'est-ce qu'un co-produit agroalimentaire ?
Un co-produit agroalimentaire est une substance issue d'un processus de transformation alimentaire (fromagerie, brasserie, jus de fruits, abattage, meunerie) qui n'est pas la finalité commerciale principale du procédé mais qui possède une valeur économique exploitable. Il se distingue du déchet (qui n'a pas de valeur ou nécessite traitement) et du sous-produit non valorisé (envoyé en équarrissage, biogaz). La valorisation des co-produits est un enjeu majeur d'économie circulaire et de réduction du gaspillage alimentaire (loi AGEC 2020 anti-gaspillage et économie circulaire).
Les principaux co-produits sont le lactosérum (sous-produit fromagerie : 9 L de lactosérum pour 1 kg de fromage), les drêches de brasserie (résidus malt après brassage : 25 % du poids du malt utilisé), les marcs de fruits (pulpes après extraction de jus : 30-50 % du poids des fruits), les écailles et arêtes de poisson (industrie halieutique : 50 % du poids du poisson entier), les sons de céréales (meunerie : 25 % du poids du blé), les coques de fruits à coque (industrie chocolatière, biscuiterie). Les valorisations possibles sont l'alimentation animale (drêches en élevage bovin), la production de biogaz (méthanisation), l'extraction d'ingrédients fonctionnels (protéines, fibres, gélatines), la cosmétique (huiles, peptides), et les compléments alimentaires.
Spécifications
La valorisation dépend de la composition du co-produit (humidité, matière sèche, protéines, lipides) et de l'usage cible.
Matériaux principaux
| Materiau | Application | Caracteristique cle |
|---|---|---|
| Lactosérum | Poudres lactiques, WPC/WPI, alimentation animale | Sous-produit principal fromagerie |
| Drêches de brasserie | Alimentation bovine humide ou séchée, biogaz | 8-12 % protéines, 5-7 % MG |
| Marcs de pommes/raisins | Pectine, alimentation animale, méthanisation | Source naturelle de pectine |
| Écailles et arêtes de poisson | Gélatine marine, huile poisson Oméga-3 | Industrie halieutique Bretagne |
| Sons de céréales | Alimentation animale, fibres alimentaires humaines | 25 % du poids du blé en meunerie |
| Co-produits abattoir (graisse, os) | Suif, gélatine, biogaz | Réglementation ABP très stricte |
Caractéristiques
- Volume mondial co-produits agroalimentaires : >1 milliard de tonnes/an, dont 30 % perdus.
- Volume France : ~80 millions de tonnes/an, valorisés à 60-70 %.
- Lactosérum : 8-9 L de lactosérum pour 1 kg de fromage, soit ~9 millions de tonnes/an en France.
- Drêches brasserie : ~250 000 tonnes/an en France.
- Conservation co-produits humides : quelques jours, exigeant traitement rapide.
- Économie circulaire : objectif AGEC 2025 de réduction de 50 % du gaspillage alimentaire.
Normes
La valorisation des co-produits est encadrée par plusieurs réglementations selon l'usage final (alimentation animale, biogaz, ingrédient humain).
- Loi AGEC 2020 (Anti-Gaspillage Économie Circulaire) : valorisation obligatoire des co-produits.
- Règlement (CE) n° 1069/2009 : règles applicables aux sous-produits animaux non destinés à la consommation humaine (ABP).
- Règlement (CE) n° 999/2001 : ESB pour co-produits bovins.
- IFS Food / BRC : pour co-produits valorisés en alimentation humaine.
- Réglementation alimentation animale : Règlement (CE) 178/2002 et 183/2005.
- HACCP : CCP sur conservation co-produits humides, contamination croisée.
- Bio AB : pour co-produits issus de filières bio.
- FDA US : pour exportation USA d'ingrédients dérivés.
Procédés
La valorisation varie selon co-produit et usage cible : séchage pour conservation, méthanisation pour biogaz, extraction pour ingrédients fonctionnels.
1. Collecte et conservation
Conservation rapide à <4 °C ou séchage immédiat pour limiter dégradation.
2. Tri et préparation
Tri par type, élimination corps étrangers, broyage si nécessaire.
3. Procédé de valorisation
Séchage (alimentation animale), méthanisation (biogaz), extraction (ingrédients), pressage (huiles), hydrolyse (peptides).
4. Standardisation
Contrôle composition, ajustement selon spécifications client.
5. Conditionnement
Sacs, big bags, citernes selon usage final.
6. Traçabilité
Origine, lot, transformations, destination finale documentés.
Le marché français
Le marché français des co-produits agroalimentaires valorisés est estimé à 3-4 milliards d'euros, en croissance forte avec la loi AGEC 2020 et la pression sur l'économie circulaire. Les principaux acteurs sont les industriels qui valorisent leurs propres co-produits (Lactalis avec lactosérum WPC/WPI, Roquette avec sons de blé en alimentation animale), les spécialistes de la collecte et valorisation (groupe Saria, Akiolis, Ouest Coop), et les start-ups d'économie circulaire (Ÿnsect pour insectes nourris aux co-produits, Biotechfood pour ingrédients fonctionnels).
Saria France (sites Concarneau, Mussidan) est leader européen des sous-produits animaux. Akiolis (groupe Saria) couvre alimentation animale haut de gamme. Ouest Coop (Bretagne) valorise les co-produits de la pêche. Ÿnsect (Dole, Jura, start-up) élève des insectes (Tenebrio molitor) nourris aux co-produits céréaliers, qui sont ensuite valorisés en alimentation animale et humaine.
Clients équipés
Les co-produits valorisés alimentent multiples filières en France et à l'export.
- Industrie alimentation animale : Sanders (Avril), Provimi, Le Gouessant pour bovins, porcs, volailles.
- Industrie biogaz : centrales méthanisation, GRDF, Engie pour injection biométhane réseau.
- Industrie ingrédients fonctionnels : Lactalis Ingredients, Roquette pour valorisation lactosérum.
- Industrie pet food : Mars, Royal Canin valorisent co-produits abattoir et marine.
- Industrie cosmétique : peptides marins, huiles fruits à coque pour soins peau.
- Industrie compléments alimentaires : protéines lactosérum, peptides marins.
- Industrie chimique : extraction acides organiques, biopolymères.
- Élevages bovins : drêches brasserie comme alimentation à proximité brasseries.
- Centrales biogaz agricoles : méthanisation co-substrat avec lisiers.
- Start-ups insectes (Ÿnsect, Innovafeed) : élevage Tenebrio nourri co-produits.
Questions fréquentes
Pourquoi valoriser les co-produits ?
Trois raisons principales : économique (vente du co-produit génère un revenu, parfois 5-10 % du chiffre d'affaires de l'industriel), réglementaire (loi AGEC 2020 anti-gaspillage impose la valorisation, sanctions financières si non respect), et environnementale (réduction empreinte carbone, économie circulaire, image RSE positive). La valorisation des co-produits est devenue un pilier stratégique de l'industrie agroalimentaire moderne.
Qu'est-ce que la loi AGEC 2020 ?
La loi AGEC (Anti-Gaspillage Économie Circulaire) de février 2020 impose plusieurs obligations : interdiction de jeter les invendus alimentaires (don ou valorisation obligatoire), valorisation des co-produits, fin progressive du plastique à usage unique, généralisation de la consigne pour réemploi. Objectif 2025 : réduction de 50 % du gaspillage alimentaire en France. Sanctions jusqu'à 0,1 % du chiffre d'affaires pour non-respect.
Quels co-produits sont les plus valorisés ?
Le lactosérum (sous-produit fromagerie, valorisé à 95 % en poudres lactiques, alimentation animale, biogaz). Les sons de blé (meunerie, valorisés à 100 % en alimentation animale). Les drêches de brasserie (valorisées à 80 % en alimentation bovine ou biogaz). Les marcs de fruits (valorisés à 60 % en pectine, alimentation animale, méthanisation). Les co-produits poisson (valorisés à 50 % en gélatine marine, huile, alimentation animale).
Quelles certifications doit avoir un valorisateur ?
Loi AGEC 2020. Règlement (CE) 1069/2009 pour ABP (sous-produits animaux). IFS Food et BRC pour co-produits valorisés en alimentation humaine. Réglementation alimentation animale (CE 178/2002 et 183/2005). HACCP avec CCP sur conservation co-produits humides. Bio AB pour co-produits bio.
Qui sont les principaux acteurs français ?
Lactalis et Sodiaal valorisent leur propre lactosérum. Saria France (Concarneau, Mussidan) leader européen sous-produits animaux. Akiolis (groupe Saria) alimentation animale haut de gamme. Ouest Coop (Bretagne) co-produits pêche. Roquette valorise sons de blé. Ÿnsect (Dole, Jura) start-up insectes nourris co-produits, Innovafeed (Nesle, Somme) concurrent.
Quelle est la croissance du marché ?
Croissance forte (+8-10 % par an) portée par la loi AGEC 2020, la pression environnementale, l'innovation des start-ups d'économie circulaire (Ÿnsect, Innovafeed pour insectes, Algama pour algues), et la valorisation accrue (extraction d'ingrédients fonctionnels à partir de co-produits jusque-là perdus). Le marché passe de 2,5 Md€ en 2020 à 3,5-4 Md€ en 2024.
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