Co-produits agroalimentaires : valorisation, économie circulaire, fabricants français

Sous-produits de l'industrie agroalimentaire (drêches de brasserie, lactosérum, marcs de fruits, écailles de poisson, sons de céréales) valorisés en alimentation animale, biogaz, ingrédients fonctionnels et compléments alimentaires. La loi AGEC 2020 impose la valorisation. Marché en plein essor.

AGEC 2020Loi anti-gaspillage
LactosérumCo-produit n°1 fromagerie
Économie circulaireModèle d'avenir industriel

Qu'est-ce qu'un co-produit agroalimentaire ?

Un co-produit agroalimentaire est une substance issue d'un processus de transformation alimentaire (fromagerie, brasserie, jus de fruits, abattage, meunerie) qui n'est pas la finalité commerciale principale du procédé mais qui possède une valeur économique exploitable. Il se distingue du déchet (qui n'a pas de valeur ou nécessite traitement) et du sous-produit non valorisé (envoyé en équarrissage, biogaz). La valorisation des co-produits est un enjeu majeur d'économie circulaire et de réduction du gaspillage alimentaire (loi AGEC 2020 anti-gaspillage et économie circulaire).

Les principaux co-produits sont le lactosérum (sous-produit fromagerie : 9 L de lactosérum pour 1 kg de fromage), les drêches de brasserie (résidus malt après brassage : 25 % du poids du malt utilisé), les marcs de fruits (pulpes après extraction de jus : 30-50 % du poids des fruits), les écailles et arêtes de poisson (industrie halieutique : 50 % du poids du poisson entier), les sons de céréales (meunerie : 25 % du poids du blé), les coques de fruits à coque (industrie chocolatière, biscuiterie). Les valorisations possibles sont l'alimentation animale (drêches en élevage bovin), la production de biogaz (méthanisation), l'extraction d'ingrédients fonctionnels (protéines, fibres, gélatines), la cosmétique (huiles, peptides), et les compléments alimentaires.

Spécifications

La valorisation dépend de la composition du co-produit (humidité, matière sèche, protéines, lipides) et de l'usage cible.

Matériaux principaux

MateriauApplicationCaracteristique cle
LactosérumPoudres lactiques, WPC/WPI, alimentation animaleSous-produit principal fromagerie
Drêches de brasserieAlimentation bovine humide ou séchée, biogaz8-12 % protéines, 5-7 % MG
Marcs de pommes/raisinsPectine, alimentation animale, méthanisationSource naturelle de pectine
Écailles et arêtes de poissonGélatine marine, huile poisson Oméga-3Industrie halieutique Bretagne
Sons de céréalesAlimentation animale, fibres alimentaires humaines25 % du poids du blé en meunerie
Co-produits abattoir (graisse, os)Suif, gélatine, biogazRéglementation ABP très stricte

Caractéristiques

Normes

La valorisation des co-produits est encadrée par plusieurs réglementations selon l'usage final (alimentation animale, biogaz, ingrédient humain).

Procédés

La valorisation varie selon co-produit et usage cible : séchage pour conservation, méthanisation pour biogaz, extraction pour ingrédients fonctionnels.

1. Collecte et conservation

Conservation rapide à <4 °C ou séchage immédiat pour limiter dégradation.

2. Tri et préparation

Tri par type, élimination corps étrangers, broyage si nécessaire.

3. Procédé de valorisation

Séchage (alimentation animale), méthanisation (biogaz), extraction (ingrédients), pressage (huiles), hydrolyse (peptides).

4. Standardisation

Contrôle composition, ajustement selon spécifications client.

5. Conditionnement

Sacs, big bags, citernes selon usage final.

6. Traçabilité

Origine, lot, transformations, destination finale documentés.

Le marché français

Le marché français des co-produits agroalimentaires valorisés est estimé à 3-4 milliards d'euros, en croissance forte avec la loi AGEC 2020 et la pression sur l'économie circulaire. Les principaux acteurs sont les industriels qui valorisent leurs propres co-produits (Lactalis avec lactosérum WPC/WPI, Roquette avec sons de blé en alimentation animale), les spécialistes de la collecte et valorisation (groupe Saria, Akiolis, Ouest Coop), et les start-ups d'économie circulaire (Ÿnsect pour insectes nourris aux co-produits, Biotechfood pour ingrédients fonctionnels).

Saria France (sites Concarneau, Mussidan) est leader européen des sous-produits animaux. Akiolis (groupe Saria) couvre alimentation animale haut de gamme. Ouest Coop (Bretagne) valorise les co-produits de la pêche. Ÿnsect (Dole, Jura, start-up) élève des insectes (Tenebrio molitor) nourris aux co-produits céréaliers, qui sont ensuite valorisés en alimentation animale et humaine.

Clients équipés

Les co-produits valorisés alimentent multiples filières en France et à l'export.

Questions fréquentes

Pourquoi valoriser les co-produits ?

Trois raisons principales : économique (vente du co-produit génère un revenu, parfois 5-10 % du chiffre d'affaires de l'industriel), réglementaire (loi AGEC 2020 anti-gaspillage impose la valorisation, sanctions financières si non respect), et environnementale (réduction empreinte carbone, économie circulaire, image RSE positive). La valorisation des co-produits est devenue un pilier stratégique de l'industrie agroalimentaire moderne.

Qu'est-ce que la loi AGEC 2020 ?

La loi AGEC (Anti-Gaspillage Économie Circulaire) de février 2020 impose plusieurs obligations : interdiction de jeter les invendus alimentaires (don ou valorisation obligatoire), valorisation des co-produits, fin progressive du plastique à usage unique, généralisation de la consigne pour réemploi. Objectif 2025 : réduction de 50 % du gaspillage alimentaire en France. Sanctions jusqu'à 0,1 % du chiffre d'affaires pour non-respect.

Quels co-produits sont les plus valorisés ?

Le lactosérum (sous-produit fromagerie, valorisé à 95 % en poudres lactiques, alimentation animale, biogaz). Les sons de blé (meunerie, valorisés à 100 % en alimentation animale). Les drêches de brasserie (valorisées à 80 % en alimentation bovine ou biogaz). Les marcs de fruits (valorisés à 60 % en pectine, alimentation animale, méthanisation). Les co-produits poisson (valorisés à 50 % en gélatine marine, huile, alimentation animale).

Quelles certifications doit avoir un valorisateur ?

Loi AGEC 2020. Règlement (CE) 1069/2009 pour ABP (sous-produits animaux). IFS Food et BRC pour co-produits valorisés en alimentation humaine. Réglementation alimentation animale (CE 178/2002 et 183/2005). HACCP avec CCP sur conservation co-produits humides. Bio AB pour co-produits bio.

Qui sont les principaux acteurs français ?

Lactalis et Sodiaal valorisent leur propre lactosérum. Saria France (Concarneau, Mussidan) leader européen sous-produits animaux. Akiolis (groupe Saria) alimentation animale haut de gamme. Ouest Coop (Bretagne) co-produits pêche. Roquette valorise sons de blé. Ÿnsect (Dole, Jura) start-up insectes nourris co-produits, Innovafeed (Nesle, Somme) concurrent.

Quelle est la croissance du marché ?

Croissance forte (+8-10 % par an) portée par la loi AGEC 2020, la pression environnementale, l'innovation des start-ups d'économie circulaire (Ÿnsect, Innovafeed pour insectes, Algama pour algues), et la valorisation accrue (extraction d'ingrédients fonctionnels à partir de co-produits jusque-là perdus). Le marché passe de 2,5 Md€ en 2020 à 3,5-4 Md€ en 2024.

Comment référencer mon usine de valorisation ?

Le référencement sur Usine de France est gratuit pour toutes les usines françaises certifiées IFS Food, BRC ou FSSC 22000. Cliquez sur le bouton « Référencer mon usine » en haut de page, complétez le formulaire en 2 minutes et notre équipe valide votre fiche sous 48 heures ouvrées.

Produits liés

Vous valorisez des co-produits ou pratiquez l'économie circulaire alimentaire ?

Référencez gratuitement votre usine sur le premier annuaire industriel français.

Référencer mon usine