Propulsion électrique satellites Hall et ionique fabriquée en France

La propulsion électrique révolutionne les satellites télécom (4 fois moins d'ergols qu'en chimique) et permet l'essor du NewSpace. Safran Vernon 27 produit les PPS-1350 et PPS-5000 leader européen, complétés par ThrustMe et Exotrail pour les micropropulseurs.

PPS-50005 kW propulseur Hall Safran satellites GEO
1 500 à 2 000 sIsp propulsion électrique vs 320 s chimique
Safran, Exotrail, ThrustMeleaders français propulsion électrique

Que sont les propulsion électrique satellites hall et ionique ?

La propulsion électrique transforme l'énergie électrique solaire en énergie cinétique d'éjection d'un propergol ionisé (xénon principalement, krypton ou iode pour micropropulseurs). Il existe deux grandes familles : les propulseurs Hall (PPS-1350, PPS-5000) qui utilisent un champ magnétique radial pour accélérer un plasma de xénon entre une anode et une cathode (Isp 1 500 à 2 500 s), et les propulseurs ioniques RIT ou gridded (Isp 3 000 à 4 500 s) qui utilisent des grilles électrostatiques. La poussée est faible (50 à 600 mN) mais cumulée sur des mois ou années, elle permet des manœuvres équivalentes à des moteurs chimiques avec 4 à 10 fois moins d'ergols.

Safran Aircraft Engines Vernon 27 (héritage SNECMA Moteurs) est le leader européen de la propulsion électrique avec les propulseurs Hall PPS-1350 (1,5 kW, première application sur Smart-1 en 2003) et PPS-5000 (5 kW, équipant les nouvelles plateformes Eurostar Neo Airbus et Spacebus Neo Thales). Le PPS-5000 a 200 unités livrées depuis 2017. ArianeGroup propose également des propulseurs Hall et ioniques. Côté NewSpace, ThrustMe (Verrières-le-Buisson 91, créée 2017) commercialise le micropropulseur iode I2T5 pour CubeSats, et Exotrail (Massy 91 et Toulouse 31, créée 2017) le ExoMG Nano (xénon) déjà utilisé sur plus de 50 satellites en orbite.

Spécifications techniques et procédés de production

Principaux propulseurs électriques fabriqués en France et leurs caractéristiques :

Familles de produits et caractéristiques

ModèlePuissancePousséeIspApplication
PPS-1350 (Safran)1,5 kW88 mN1 660 sSmart-1 (1ère application Lune ESA)
PPS-5000 (Safran)5 kW320 mN2 000 sEurostar Neo, Spacebus Neo, IRIS²
PPS-X00 (Safran)20 kW1 000 mN2 500 sMars exploration, transfert orbite (étude)
RIT-10 (gridded)0,5 kW15 mN3 200 sMaintien GEO, contrôle attitude
ExoMG Nano (Exotrail)70 W1,4 mN800 sCubeSats 6U à 16U, microsatellites NewSpace
I2T5 (ThrustMe)60 W1 mN1 500 sCubeSats iode solid, Beihangkongshi-1

Grades et conditionnements commerciaux

Normes et réglementations

Standards et qualifications applicables à la propulsion électrique spatiale :

Procédés industriels détaillés

Étapes de fabrication d'un propulseur électrique Hall PPS-5000 :

Conception physique du plasma

Modélisation 3D du plasma de xénon en cathode creuse, champ magnétique radial du canal d'accélération, simulations PIC (Particle-In-Cell) du transport ionique. Conception par Safran Vernon 27 avec partenaires CNRS PRISME Orléans 45 et ICARE.

Fabrication chambre céramique

Chambre d'ionisation en nitrure de bore BN-SiO2 ou alumine Al2O3 fritté, érosion limitée à 0,2 mm sur 10 000 heures. Usinage diamant 5 axes, polissage miroir, contrôle dimensionnel laser.

Bobinage circuit magnétique

Circuit magnétique en fer doux Vacoflux 50, bobines cuivre haute tension (300 à 800 V) pour générer champ radial de 200 à 400 gauss en sortie de canal.

Assemblage cathode creuse

Cathode creuse en tungstène imprégné baryum-calcium-aluminate (W-BaCaO), durée de vie 15 000 heures à 30 A. Assemblage en salle blanche ISO 5, brasure sous vide ultra-poussé.

Tests sous vide en chambre IB1500

Tests fonctionnels en chambre à vide IB1500 (15 m³, 10⁻⁶ mbar) à Safran Vernon 27 : allumage, montée en régime, mesure de poussée par balance pendulaire, mesure d'Isp, contrôle thermique et vibratoire.

Qualification longue durée 10 000 h

Test de qualification de vie à 10 000 heures de fonctionnement continu, suivi de l'érosion canal, dégradation cathode, mesure de stabilité poussée +/- 2 %. Procédure de référence ECSS-E-ST-35-08.

Le marché français

Le marché mondial de la propulsion électrique spatiale représente environ 800 unités par an en 2025, en forte croissance (+15 %/an), porté par la montée en cadence des constellations LEO (Starlink, Kuiper, OneWeb, IRIS²) et la transition des plateformes télécom GEO vers l'électrique. La valeur unitaire varie de 50 K€ pour un micropropulseur Exotrail à 2 M€ pour un PPS-5000 complet (HET + alimentation PPU + débitmètre).

En France, Safran Aircraft Engines Vernon 27 est leader européen avec 25 % parts de marché mondial sur les Hall à forte puissance (PPS-5000), suivi par Aerojet Rocketdyne (US, 30 %), Busek (US), IHI (Japon), OKB Fakel (Russie, en perte d'influence). Le marché des micropropulseurs NewSpace est plus fragmenté avec Exotrail et ThrustMe (France), Enpulsion (Autriche, FEEP), Bradford (Pays-Bas, résistojets) et Phase Four (US).

France 2030 mobilise 65 M€ pour les startups de propulsion électrique française. Exotrail a levé 76 M€ en 2024 (Series C), construit une usine de 5 000 m² à Toulouse 31 et vise une production de 200 propulseurs/an d'ici 2027. ThrustMe a levé 14 M€ en 2023 et déménagé dans une usine de 2 000 m² à Verrières-le-Buisson 91. Safran investit en parallèle dans une chaîne d'industrialisation du PPS-5000 à Vernon 27 (objectif 100 unités/an pour IRIS² et constellations privées).

Applications et débouchés industriels

Programmes spatiaux français et européens utilisant la propulsion électrique :

Questions fréquentes

Quelle différence entre propulsion électrique Hall et ionique gridded ?

Un propulseur Hall accélère le xénon ionisé par un champ électrique axial dans un canal annulaire (Isp 1 500 à 2 500 s, poussée 50 à 600 mN, technologie Safran PPS-1350 et PPS-5000). Un propulseur ionique gridded (Kaufman ou RIT) accélère les ions xénon par deux grilles électrostatiques à 1 000-2 000 V (Isp 3 000 à 4 500 s, poussée 15 à 200 mN, technologie ArianeGroup RIT et NASA NSTAR). Les Hall offrent meilleure poussée par puissance, les ioniques meilleur Isp donc moins d'ergols (mais plus de puissance électrique requise).

Combien d'ergols un satellite GEO consomme-t-il en propulsion électrique ?

Un satellite télécom GEO sur plateforme Spacebus Neo (5 000 kg masse sec) équipé de 4 propulseurs PPS-5000 consomme environ 350 kg de xénon pour 15 ans de mission (mise à poste électrique + maintien d'orbite station-keeping nord-sud). En comparaison, un satellite équivalent à propulsion chimique MMH/NTO consomme environ 2 000 kg d'ergols. Ce gain de 1 650 kg de masse permet d'embarquer plus de charge utile commerciale (transpondeurs, antennes) ou de réduire la masse au lancement (économie de plusieurs millions d'euros).

Quelles startups françaises font de la propulsion électrique ?

Exotrail (Massy 91 et Toulouse 31, créée 2017) commercialise les propulseurs Hall xénon ExoMG Nano (70 W) et ExoMG Plus (300 W) pour CubeSats et microsatellites, plus de 50 satellites en orbite, levée 76 M€ Series C en 2024. ThrustMe (Verrières-le-Buisson 91, créée 2017) propose le propulseur iode I2T5 (60 W), premier propulseur iode au monde testé en orbite sur Beihangkongshi-1 en 2020, levée 14 M€ Series B en 2023. Comat (Toulouse 31) et MaiaSpace (filiale ArianeGroup Vernon) complètent l'écosystème.

Pourquoi utiliser l'iode au lieu du xénon en propulsion électrique ?

Le xénon est rare et coûteux (3 000 €/kg, production mondiale 65 t/an) et nécessite un stockage haute pression (250 bar) avec réservoirs lourds. L'iode est mille fois moins cher (3 €/kg), abondant et stocké à l'état solide sous forme de plaques (densité 4,9 g/cm³ vs 1,8 g/cm³ pour xénon liquide), permettant des réservoirs simples et compacts. ThrustMe a démontré en 2020 sur Beihangkongshi-1 la viabilité du propulseur iode I2T5 en orbite, ouvrant la voie à une révolution de la propulsion CubeSat (réservoir simplifié, coût divisé par 5).

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