Détecteurs CCD CMOS visible et matrices infrarouges pour satellites spatiaux

Les détecteurs visible CCD et IR matrices sont les composants critiques de tous les capteurs satellites observation Terre. Teledyne e2v Saint-Egrève 38 (visible) et Lynred Veurey-Voroize 38 (infrarouge) sont les fournisseurs européens de référence depuis 40 ans.

Teledyne e2v Saint-Egrève 38CCD visible spatial leader Europe
Lynred Veurey-Voroize 38matrices IR HgCdTe leader Europe
30 cm résolutionpermise par CCD TDI Pléiades Neo

Que sont les détecteurs ccd cmos et matrices infrarouges spatiales ?

Les détecteurs spatiaux convertissent le rayonnement électromagnétique en signal électrique exploitable. Pour le visible et proche infrarouge (0,4 à 1,1 µm), les CCD (Charge Coupled Device) en silicium dominent depuis 30 ans grâce à leur faible bruit (electrons/pixel) et leur excellente sensibilité, particulièrement en mode TDI (Time Delay Integration) qui multiplie le SNR x 10. Les CMOS spatiaux émergent en remplacement (faible consommation, lecture aléatoire pixels). Pour l'infrarouge moyen (3 à 5 µm) et thermique (8 à 14 µm), les matrices semi-conducteurs II-VI HgCdTe (MCT Mercury Cadmium Telluride) ou III-V InSb (Antimoniure d'indium) refroidies à 80-150 K par cryocoolers Stirling sont la référence, atteignant des matrices 2048 x 2048 pixels avec bruit < 100 électrons.

En France, Teledyne e2v Semiconductors Saint-Egrève 38 (Isère, ex-Atmel-MTOC puis racheté Teledyne UK en 2017, 250 salariés) est le leader européen des CCD visible spatial. Le site fournit les détecteurs des satellites observation Pléiades 1A/1B et Pléiades Neo (TDI CCD 30 000 pixels en barrette), CSO défense française (CCD TDI), MetOp IASI (CCD spectroscopie), ESA Solar Orbiter, JUICE. Lynred (ex-Sofradir, fusionné avec Ulis en 2019, Veurey-Voroize 38 Isère, 800 salariés, JV Safran 50 % Thales 50 %) est le leader européen des matrices infrarouges MCT et InSb refroidies, équipant Sentinel-3 SLSTR (instrument IR thermique), MicroCarb (interféromètre IR), MERLIN Lidar méthane, MTG-S (Météosat Third Generation Sondage). Les concurrents internationaux : Teledyne Imaging US, Raytheon Vision Systems US, Hamamatsu Photonics Japon.

Spécifications techniques et procédés de production

Principaux détecteurs spatiaux fabriqués en France :

Familles de produits et caractéristiques

DétecteurFormat / PixelsBande spectraleApplication
CCD TDI Teledyne e2v CCD42-902 048 x 2 0480,4 à 1,1 µm (visible)Imageurs très haute résolution Pléiades Neo, CSO
CMOS CIS115 Teledyne e2v2 000 x 2 0000,4 à 1,1 µmJUICE JANUS, Mars Sample Return
MCT HgCdTe Lynred LWIR thermal1 024 x 1 0248 à 12 µm thermiqueSentinel-3 SLSTR, ECOSTRESS NASA
InSb Lynred MWIR2 048 x 2 0483 à 5 µmIASI MetOp, missions scientifiques IR
MCT SWIR Lynred640 x 5121 à 2,5 µm SWIRMicroCarb monitoring CO2 atmosphérique
Détecteur scientifique TOSADIA TDI30 000 x 256 TDIMultispectral visibleSentinel-2 MSI, Pléiades XS

Grades et conditionnements commerciaux

Normes et réglementations

Standards et qualifications applicables aux détecteurs spatiaux :

Procédés industriels détaillés

Étapes de fabrication d'une matrice MCT HgCdTe Lynred (LWIR thermique) :

Croissance épitaxiale MOCVD HgCdTe

Croissance épitaxiale par MOCVD (Metal Organic Chemical Vapor Deposition) chez Lynred Veurey-Voroize 38 : couche HgCdTe sur substrat CdZnTe 4 ou 6 pouces, composition contrôlée (xHg = 0,3 pour LWIR 10 µm), épaisseur 8 µm.

Lithographie et gravure pixels

Photolithographie pour définir les pixels (typiquement 18 µm carré pour matrice 1 024 x 1 024), gravure plasma chlorée pour isolation entre pixels, métallisation des contacts ohmiques.

Hybridation indium bumps sur ROIC silicium

Hybridation indium par billes de soudure 10 µm sur ROIC silicium CMOS (ReadOut Integrated Circuit) qui convertit le signal photovoltaïque en tension lisible par 1 000+ canaux parallèles à 10 MHz lecture.

Encapsulation cryogénique dewar

Encapsulation de la matrice MCT-ROIC dans un dewar cryogénique (vide intérieur 10⁻⁶ mbar pour isolation thermique), fenêtre germanium ou ZnSe transparente IR, raccordement bras froid au cryocooler Stirling 80 K.

Tests fonctionnels cryogénique

Tests fonctionnels à 80 K en chambre froide cryogénique chez Lynred : mesure courant obscurité < 1 nA/cm², bruit NEdT < 50 mK, sensibilité quantique > 70 % @ 10 µm, uniformité pixels < 1 %.

Qualification spatiale MIL-STD-883

Tests qualification spatiale MIL-STD-883 et ECSS-Q-ST-60-13 : irradiation TID 50 krad, SEU/SEL Single Event Effects, vibrations 20 grms, thermique -50 °C à +85 °C, vieillissement 15 ans accéléré.

Le marché français

Le marché européen des détecteurs spatiaux représente 80 à 120 M€ par an. Teledyne e2v Saint-Egrève 38 (CCD/CMOS visible) détient 50 % du marché visible européen avec un CA spatial de 25 M€/an, fournissant les imageurs Pléiades, CSO, Sentinel-2, ESA Solar Orbiter. Lynred Veurey-Voroize 38 (matrices IR refroidies) détient 70 % du marché IR refroidi européen avec un CA spatial de 30 M€/an, équipant Sentinel-3, IASI, MicroCarb, MERLIN. Les CubeSats NewSpace utilisent des CMOS commerciaux qualifiés vol (sensors Sony IMX477, OnSemi KAI) plus économiques mais moins performants.

À l'échelle mondiale, le marché représente 1 Md€/an, dominé par Teledyne Imaging US (40 % parts marché, ex-Tracerco et e2v Technologies UK), Sony Semiconductor Japon (15 %, CMOS commerciaux qualifiés), Raytheon Vision Systems US (10 %, IR militaire et spatial), Hamamatsu Photonics Japon (10 %), Lynred France (8 %), Onsemi (5 %), autres (12 %). Les détecteurs IR refroidis HgCdTe sont un duopole Lynred France + Raytheon US, technologie stratégique export-controlled (ITAR US, Wassenaar EU).

Lynred Veurey-Voroize 38 (800 salariés, JV Safran et Thales depuis 2019) investit 100 M€ entre 2023 et 2027 dans la modernisation des lignes MOCVD et hybridation pour répondre à la demande Sentinel-3 Next Generation, IRIS², constellation IRIDE Italie et IRIS² UE. France 2030 mobilise 40 M€ pour le développement des matrices SWIR (Short Wave InfraRed 1-2,5 µm) nouvelle génération pour CO3D, MicroCarb 2, CHIME ESA. Teledyne e2v Saint-Egrève 38 (250 salariés) double sa capacité de production de CCD TDI très grand format (30 000 x 256 pixels) pour servir Pléiades Neo 5/6 et constellations commerciales.

Applications et débouchés industriels

Programmes spatiaux consommateurs de détecteurs visibles et infrarouges :

Questions fréquentes

Quelle différence entre CCD et CMOS pour applications spatiales ?

Les CCD (Charge Coupled Device) excellent dans le visible et proche infrarouge avec un très faible bruit (3 à 5 électrons RMS), sensibilité quantique élevée (> 90 % @ 550 nm), uniformité pixel optimale, idéal pour imageurs haute résolution scientifiques (Pléiades Neo, CSO, Hubble historique). Les CMOS modernes (Teledyne e2v CIS115, Sony IMX series) rattrapent en bruit (3 électrons), offrent faible consommation (10x moins que CCD), lecture aléatoire pixels (régions d'intérêt), tolérance radiations supérieure. Les nouvelles missions (JUICE JANUS, Mars Sample Return ERO, satellites NewSpace) migrent vers CMOS. Les CCD restent pour très haute résolution scientifique.

Pourquoi refroidir les détecteurs infrarouges spatiaux ?

Les matrices infrarouges HgCdTe (MCT) sensibles aux longueurs d'onde 3-12 µm ont un courant d'obscurité (dark current) qui croît exponentiellement avec la température : à 300 K (ambiant), le courant d'obscurité saturerait totalement le détecteur (10⁻³ A/cm²). À 80 K (par cryocooler Stirling refroidi LH2 ou He), le courant chute à 10⁻¹² A/cm² (un milliard de fois moins), permettant la détection des très faibles flux IR (variations de 0,1 K à 300 m de distance pour Sentinel-3 SLSTR). Les détecteurs InSb MWIR nécessitent également refroidissement 80-100 K. Seuls les microbolomètres LWIR thermiques (matrices BVO ou amorphous silicon) fonctionnent à température ambiante mais avec sensibilité 10x moindre.

Qui fabrique les détecteurs spatiaux en France ?

Teledyne e2v Semiconductors Saint-Egrève 38 (Isère, ex-Atmel-MTOC racheté Teledyne UK en 2017, 250 salariés) est le leader européen des CCD visible spatial : Pléiades Neo, CSO, Sentinel-2, ESA Solar Orbiter, JUICE JANUS. Lynred Veurey-Voroize 38 (Isère, ex-Sofradir fusionné Ulis en 2019, JV Safran 50 % Thales 50 %, 800 salariés) est le leader européen des matrices infrarouges refroidies HgCdTe et InSb : Sentinel-3 SLSTR, IASI MetOp, MicroCarb, MERLIN, MTG-S. Cette concentration grenobloise s'explique par l'écosystème historique CEA-LETI Grenoble 38 (5 000 chercheurs micro-électronique) et l'expertise française en semi-conducteurs II-VI.

Combien coûte un détecteur CCD spatial très haute résolution ?

Un détecteur CCD TDI Teledyne e2v très haute résolution pour satellite observation Terre (type Pléiades Neo, format 30 000 x 256 pixels TDI 13,5 µm, refroidi -20 °C) coûte environ 1 à 3 M€ unitaire incluant fabrication CCD (500 K€ à 1 M€), tests fonctionnels (200 K€), qualification spatiale ECSS-Q-ST-60-13 (300 K€), packaging dewar avec interface électrique haute fiabilité (500 K€), traçabilité matière complète (100 K€). Un satellite Pléiades Neo embarque 3 à 6 détecteurs CCD TDI (visible Pan + 6 bandes XS), soit 5 à 15 M€ de détecteurs sur un satellite total 200 M€. Les matrices infrarouges Lynred refroidies sont 2x plus chères avec cryocoolers Stirling intégrés.

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