Traitement de l'eau : réactifs chimiques pour potabilisation, eaux usées et industrie

Floculants polyacrylamides, coagulants polychlorures d'aluminium PAC et chlorure ferrique, biocides chlore-soude et hypochlorite, anti-tartres polyphosphates, anti-corrosion molybdates - réactifs produits en France par Veolia Water Technologies, Suez WTS, Kemira France, BASF Water Solutions et Solvay pour potabilisation, eaux usées et eaux industrielles.

550 ktProduction française/an
1,5 Mds€Chiffre d'affaires 2024
EN 1276Norme désinfection

Que sont les traitement de l'eau ?

Le traitement de l'eau couvre l'ensemble des opérations chimiques et physiques nécessaires pour rendre l'eau utilisable : potabilisation (eau de boisson conforme directive 98/83/CE), épuration (eaux usées domestiques et industrielles avant rejet), traitement industriel (eaux de chaudière, eaux de refroidissement, eaux process). Les réactifs chimiques utilisés sont massifs : coagulants pour la décantation (PAC, FeCl₃, Al₂(SO₄)₃), floculants pour l'aggrégation (polyacrylamides PAM), désinfectants pour l'élimination microbienne (Cl₂, O₃, NaClO, ClO₂), anti-tartres pour limiter les dépôts calciques (polyphosphates, phosphonates), anti-corrosion pour protéger les canalisations.

La filière française des réactifs traitement de l'eau représente environ 550 000 tonnes par an pour 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2024. Les acteurs majeurs sont Veolia Water Technologies (Saint-Maurice, leader mondial), Suez WTS Water Technologies (Le Pecq, intégré au groupe Veolia depuis 2022), Kemira France (Stockholm-base, sites France pour distribution et logistique), BASF Water Solutions (Lampertheim et France, gammes Magnafloc, Zetag), Solvay (peroxyde d'hydrogène pour désinfection à Salindres), SNF Floerger (Andrézieux-Bouthéon, leader mondial polyacrylamides) et Arkema (réactifs minéraux).

Spécifications techniques et procédés de production

Chaque réactif est sélectionné selon le type d'eau à traiter, la qualité ciblée, le coût et la conformité aux directives sanitaires.

Familles de produits et caractéristiques

RéactifCompositionApplication principale
Polychlorure d'aluminium PACAln(OH)mCl(3n-m), basicité variableCoagulation potabilisation, épuration
Chlorure ferrique FeCl₃Solution 40-42 % m/mCoagulation eaux usées, déphosphatation
Sulfate d'aluminium Al₂(SO₄)₃Solution 8-15 % en Al₂O₃Potabilisation classique
Polyacrylamides PAMAnioniques, cationiques, non-ioniquesFloculation boues activées, dépollution
Hypochlorite de sodium NaClO47-50 °chl, 12-14 % chlore actifDésinfection eau potable, piscines
Chlore gazeux Cl₂Liquide pressurisé 99,5 %Désinfection grandes stations
Dioxyde de chlore ClO₂Généré in situ ou solution stabiliséeEau potable (alternatif chlore), industrie
Polyphosphates anti-tartresSTPP, hexamétaphosphate de sodiumAdoucissement, anti-corrosion réseaux

Grades et conditionnements commerciaux

Normes et réglementations

Les réactifs traitement de l'eau sont strictement encadrés par les directives européennes sanitaires et les autorisations sectorielles.

Procédés industriels détaillés

La production des réactifs combine la chimie inorganique (sels d'aluminium et de fer), la polymérisation (acrylamides), l'électrolyse (chlore-soude pour hypochlorite) et la calcination (charbons actifs).

1. Production des polychlorures d'aluminium (PAC)

Le PAC est synthétisé par hydrolyse partielle de l'aluminium métallique, du chlorure d'aluminium AlCl₃ ou de la soude alumineuse en présence d'acide chlorhydrique. La basicité (rapport OH/Al) est contrôlée entre 0,5 et 2,5 pour optimiser la performance coagulation. Sites : Kemira Helsingborg (Suède), Feralco Karlstad (Suède), USINE de polychlorures Wismar (Allemagne). En France, Kemira et Feralco distribuent.

2. Synthèse du chlorure ferrique FeCl₃

Le FeCl₃ est obtenu par chloration de la ferraille ou de l'oxyde de fer Fe₂O₃ par Cl₂ gazeux à 600-700 °C, puis dissolution dans l'eau pour donner la solution à 40-42 % m/m. Alternative : sous-produit de gravure de circuits imprimés (récupération industrielle). Producteurs : Kemira (Schwedt, Allemagne), Tessenderlo (Belgique), PVS Chemicals.

3. Polymérisation des acrylamides (PAM, polyacrylamides)

Les monomères acrylamide (AAm) et acide acrylique (AA) sont polymérisés en émulsion inverse (eau dans huile) avec amorceur radicalaire à 50-80 °C. Les copolymères anioniques (% AA croissant) servent à la floculation des boues. Les cationiques (avec triméthylaminoéthyl méthacrylate) servent à la déshydratation des boues organiques. SNF Floerger à Andrézieux-Bouthéon (Loire) est leader mondial avec une capacité >900 kt/an.

4. Production de l'hypochlorite de sodium et chlore

L'hypochlorite est produit par réaction Cl₂ + 2 NaOH → NaClO + NaCl + H₂O à 0-15 °C dans un réacteur à plateaux. Le titre est de 12-14 % chlore actif (47-50 °chl). Production sur sites Arkema (Pierre-Bénite), Kem One (Lavera, Saint-Auban), Solvay (Tavaux). Capacité française cumulée : 250 kt/an d'NaClO.

5. Activation des charbons actifs

Les matières premières (bois, coque de noix de coco, charbon, lignite) sont carbonisées sous atmosphère inerte à 600-900 °C, puis activées physiquement (vapeur d'eau, CO₂ à 900-1100 °C) ou chimiquement (H₃PO₄, KOH, ZnCl₂ à 400-700 °C). La surface spécifique atteint 700-1500 m²/g. Producteurs : Cabot Norit (Pays-Bas), Cecanorit, Jacobi Carbons. Consommation France : 25 kt/an.

Le marché français

La France produit environ 550 000 tonnes de réactifs traitement de l'eau pour 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2024. Le marché est porté par Veolia Water Technologies (premier opérateur mondial, sites France et international), Suez WTS (intégré Veolia depuis 2022), SNF Floerger (Andrézieux-Bouthéon, leader mondial polyacrylamides avec >900 kt/an de capacité), Kemira France (Stockholm-base, distribution France pour PAC et FeCl₃), BASF Water Solutions (Magnafloc, Zetag), Solvay (peroxyde H₂O₂ Salindres, NaClO Tavaux), Kem One (NaClO et Cl₂ Lavera), Arkema et les charbonniers Cabot Norit.

Les débouchés se partagent entre potabilisation eau potable (35 %, 18 000 stations en France traitant 5,5 milliards de m³/an), épuration des eaux usées domestiques (30 %, 22 000 STEP françaises traitant 9 milliards de m³/an), eaux industrielles process et refroidissement (20 %, raffineries, agroalimentaire, papeteries), piscines collectives et privées (5 %), industries spécifiques (eaux nucléaires, mines, lixiviats - 10 %).

La filière fait face à trois transformations majeures. Premièrement, le renforcement réglementaire : nouvelle directive eau potable 2020/2184/UE applicable janvier 2023 (renforcement métaux, micropolluants, perturbateurs endocriniens, microplastiques) ; directive ERU (Eaux Résiduaires Urbaines) en révision 2024 (extension aux <2 000 EH, inclusion micropolluants pharmaceutiques). Deuxièmement, l'élimination des micropolluants (médicaments, pesticides, PFAS) impose le déploiement à grande échelle de charbons actifs et procédés d'oxydation avancée (POA, ozone-H₂O₂). Troisièmement, le verdissement des coagulants avec l'émergence de coagulants biosourcés (Moringa oleifera, tannins) et la limitation des polyacrylamides résiduels.

Applications et débouchés industriels

Les réactifs français équipent l'ensemble du secteur de l'eau en France et à l'international.

Questions fréquentes

Pourquoi utilise-t-on l'aluminium ou le fer pour coaguler l'eau ?

Les sels d'aluminium (PAC, sulfate) et de fer (FeCl₃) en solution s'hydrolysent et forment des hydroxydes Al(OH)₃ et Fe(OH)₃ chargés positivement. Ces particules neutralisent la charge négative des matières en suspension et colloïdales (argiles, matières organiques) et les agglomèrent en flocs visibles décantables. Le PAC moderne, plus polymérisé, est plus efficace que le sulfate classique (dose réduite de 30-50 %) et produit moins de boues. Le FeCl₃ est utilisé en eaux usées pour son pouvoir déphosphatant supplémentaire (précipitation FePO₄).

Quelle différence entre coagulant et floculant ?

Le coagulant (sel métallique : Al, Fe) déstabilise les charges électriques des particules et forme des micro-flocs. Le floculant (polyacrylamide longue chaîne) ponte ces micro-flocs en macroflocs visibles et facilement décantables. Les deux sont utilisés en série dans les stations : injection de coagulant + agitation rapide (1 min, 200 tr/min) puis injection de floculant + agitation lente (15 min, 30 tr/min). Le couplage optimise la qualité d'eau traitée et minimise les boues.

Le chlore et l'ozone sont-ils dangereux dans l'eau potable ?

Le chlore résiduel (0,1-0,5 mg/L en sortie de réseau) est sûr et obligatoire en France pour limiter le développement bactérien dans les canalisations. Cependant, il peut former des sous-produits de désinfection (THM trihalométhanes, AHA acides haloacétiques) potentiellement cancérogènes à forte exposition. La directive 98/83/CE limite les THM totaux à 100 µg/L. L'ozone (O₃) est plus oxydant mais ne laisse pas de résiduel ; il est souvent suivi d'une filtration sur charbon actif pour éliminer les sous-produits (bromates, aldéhydes). Le ClO₂ (dioxyde de chlore) produit moins de THM mais des chlorites (limite 700 µg/L).

Comment éliminer les PFAS et les micropolluants pharmaceutiques de l'eau ?

Les PFAS (per- et polyfluoroalkylées substances) et résidus de médicaments ne sont pas éliminés par les filières classiques (coagulation-décantation-chlore). Trois technologies sont déployées : (1) Charbon actif en poudre PAC (15-50 mg/L) ou en grains GAC (filtres lit fixe régénérables tous les 6-18 mois) ; (2) Procédés d'oxydation avancée POA (ozone + UV ou ozone + H₂O₂) qui dégradent les molécules récalcitrantes ; (3) Membranes ultrafiltration et osmose inverse pour rétention physique. Le coût de traitement augmente de 0,05 à 0,30 €/m³ d'eau.

Combien coûtent les réactifs dans une station d'eau potable ?

Le coût des réactifs représente 15-25 % du coût d'exploitation total d'une station d'eau potable. À titre indicatif : PAC 18 % Al₂O₃ : 250-400 €/t ; chlorure ferrique 41 % : 200-350 €/t ; polyacrylamide cationique : 4 000-7 000 €/t (mais dose <5 mg/L) ; hypochlorite Na 47 °chl : 200-400 €/t ; ozone : produit in situ via ozoneur électrique 8-15 kWh/kg ozone ; charbon actif en grains : 1 800-3 500 €/t. Le coût moyen total de traitement est de 0,30 à 1 €/m³ d'eau potable produite.

Comment référencer mon usine de réactifs traitement de l'eau ?

Le référencement sur Usine de France est gratuit pour toutes les usines françaises de production de réactifs eau conformes à la directive 98/83/CE et règlement Biocides BPR si applicable, avec agrément ANSES pour contact eau potable. Cliquez sur « Référencer mon usine », validation sous 48 h ouvrées.

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