Additifs pour plasturgie : stabilisants, retardateurs, antioxydants français

Stabilisants UV (HALS, benzotriazoles), antioxydants phénoliques, retardateurs de flamme phosphorés et minéraux, plastifiants non-phtalates, anti-statiques - additifs spécialisés pour PE, PP, PVC, PA produits en France par BASF, Clariant, Songwon, SI Group et Adeka Palmarole.

85 ktProduction française/an
680 M€Chiffre d'affaires 2024
REACHConformité obligatoire

Que sont les additifs pour plasturgie ?

Les additifs pour plasturgie sont des composés chimiques incorporés à très faible dose (0,05 à 5 % typiquement) dans les polymères pour leur conférer ou améliorer des propriétés spécifiques : résistance UV, stabilité thermique, retard à l'inflammation, flexibilité, conductivité électrique, transparence, couleur, anti-bactériologie. Sans additifs, la plupart des plastiques ne pourraient pas atteindre leur durée de vie utile (jaunissement, fissuration, dégradation par oxydation, propagation d'incendie).

La filière française produit environ 85 000 tonnes par an d'additifs spécialisés pour 680 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024. Les acteurs majeurs sont BASF Plastic Additives (Lampertheim Allemagne mais avec sites de formulation en France à Saint-Aubin-lès-Elbeuf), Clariant France (Lyon, antioxydants Hostanox®, stabilisants Nylostab®), Songwon France (commerce et stockage à Lyon), SI Group France (Suresnes, R&D additifs phénoliques), Adeka Palmarole (Strasbourg, stabilisants PVC), Roquette (anti-statiques biosourcés Glycerine).

Spécifications techniques et procédés de production

Chaque famille d'additifs répond à un mécanisme de protection ciblé : photo-oxydation (UV), thermo-oxydation (transformation/usage), inflammation, accumulation de charges, vieillissement physique.

Familles de produits et caractéristiques

Famille d'additifMode d'actionApplication typique
HALS (amines hindérées)Capture des radicaux peroxyles UVMobilier extérieur, agriculture, automobile
Benzotriazoles UVAbsorption UV 300-380 nmFilms transparents, packaging, vitres PMMA
Antioxydants phénoliques (BHT, Irganox)Capture radicaux thermiques (transformation)PE, PP, polyoléfines moulage/extrusion
Antioxydants phosphites (Irgafos)Décomposition hydroperoxydesSynergie avec phénoliques pour PP, PE
Retardateurs phosphorés (RDP, BDP)Phase condensée, charbonneuseABS, polycarbonate, électronique
Hydroxyde Mg/Al (MDH/ATH)Dilution + endothermie + charbonCâbles électriques, bâtiment
Plastifiants non-phtalates (DOTP, citrates)Insertion entre chaînes PVCMédical, jouets, packaging alimentaire
Anti-statiques (amines éthoxylées)Migration en surface, hydratationFilms PE/PP, électronique

Grades et conditionnements commerciaux

Normes et réglementations

Les additifs pour plasturgie sont strictement encadrés par REACH, le contact alimentaire et les restrictions sectorielles.

Procédés industriels détaillés

La synthèse des additifs combine la chimie organique de spécialité (synthèse multi-étapes), la formulation par mélange et le micronisage pour homogénéité dans les masterbatches.

1. Synthèse des HALS (amines hindérées Tinuvin, Chimassorb)

Les HALS sont synthétisés à partir de la 2,2,6,6-tétraméthyl-4-pipéridinol (TMP) obtenue par hydrogénation catalytique de la triacétonamine. Diverses fonctions (succinate, ester gras, polymère oligomère) sont greffées pour optimiser compatibilité et permanence. La forme polymère à haute masse molaire (Tinuvin 622, 770) prévient la migration et l'extraction. Producteurs européens : BASF (ex-Ciba), Solvay, Adeka.

2. Production des antioxydants phénoliques (Irganox 1010, 1076)

Les antioxydants phénoliques sont synthétisés à partir du 2,6-di-tert-butylphénol (BHT précurseur) par alkylation et estérification multiple. L'Irganox 1010 (tétrakis(méthylène(3,5-di-tert-butyl-4-hydroxyhydrocinnamate))) est l'antioxydant le plus utilisé mondialement. Production sur sites BASF (Lampertheim, Schweizerhalle), Songwon (Corée, Allemagne), SI Group (USA, France).

3. Synthèse des retardateurs phosphorés (RDP, BDP)

Le résorcinol bis(diphényl phosphate) (RDP) est obtenu par réaction du résorcinol avec le diphényl chlorophosphate en présence de catalyseur. Le bisphénol A bis(diphényl phosphate) (BDP) est l'analogue à base de bisphénol A. Ces retardateurs phosphorés non halogénés remplacent progressivement les retardateurs bromés bannis. Producteurs : ICL Group (Israël), Italmatch, Lanxess.

4. Production des hydroxydes minéraux (ATH, MDH)

L'aluminium trihydroxyde (Al(OH)₃, ATH) est obtenu par précipitation du minerai de bauxite par procédé Bayer (Albemarle, Nabaltec). L'hydroxyde de magnésium (Mg(OH)₂, MDH) est extrait de l'eau de mer ou de saumures (Martinswerk, Kyowa Chemical). Ces minéraux sont broyés à 1-5 µm puis traités en surface (silane, acide stéarique) pour incorporation jusqu'à 65 % dans les composés câbles.

5. Formulation masterbatches et compounding

Les additifs purs sont incorporés à un polymère carrier (PE-LDPE, PP, EVA) à 5-50 % par extrusion bivis à 180-220 °C. Les granulés masterbatch sont calibrés (3 mm sphériques) et conditionnés en sacs étanches (sensibles à l'humidité pour HALS, à l'oxygène pour antioxydants). Producteurs France : Plastiblends, Tosaf, A.Schulman, BIP Compagnie. Le dosage final dans la pièce moulée est de 0,1 à 5 % selon application.

Le marché français

La France produit environ 85 000 tonnes d'additifs pour plasturgie pour 680 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024. Les leaders mondiaux présents en France sont BASF Plastic Additives (anciens Ciba Specialty Chemicals, gammes Tinuvin, Chimassorb, Irganox, Irgafos), Clariant France (Hostanox® antioxydants, AddWorks®), Songwon Industrial (Songnox® antioxydants, distribution France), SI Group (Octolite® stabilisants, Wingstay® antioxydants caoutchouc), Adeka Palmarole (Strasbourg, stabilisants PVC Mark®), Italmatch Chemicals (retardateurs phosphorés) et Solvay (additifs PVDF haute performance).

Les débouchés se répartissent en cinq grands marchés : packaging alimentaire et grand public (35 %, antioxydants pour PE/PP, anti-statiques films), automobile et VE (20 %, stabilisants UV pour pare-chocs, retardateurs pour batteries), bâtiment et construction (20 %, stabilisants PVC profilés, retardateurs câbles), électronique et électrique (15 %, retardateurs phosphorés ABS/PC, anti-statiques) et applications agricoles/extérieures (10 %, HALS pour films de paillage, mobilier urbain, agriculture sous serre). La croissance est portée par la demande automobile EV (+8 %/an) et le verdissement (alternatives non halogénées, biosourcés).

La filière connaît une transformation profonde sous trois pressions. Premièrement, la réglementation bannit progressivement les substances héritées : phtalates (DEHP, DBP, BBP), retardateurs bromés (PBDE, HBCD), stabilisants au plomb (interdiction PVC depuis 2015 en Europe), avec des alternatives qui doivent être qualifiées sur 5-10 ans. Deuxièmement, la circularité impose de qualifier les additifs sur PE/PP recyclés (problèmes de migration, transferts d'additifs entre lots), avec des programmes (Cycle, OPRL, RecyClass). Troisièmement, la biosourcé émerge : Roquette commercialise des plastifiants à base de glycérine et d'isosorbide, Avril des additifs issus de colza, et Algopack des additifs d'algues.

Applications et débouchés industriels

Les additifs français équipent l'ensemble des transformations plastiques nationales et exportent dans le monde entier.

Questions fréquentes

Pourquoi les phtalates sont-ils restreints ou interdits ?

Les phtalates classiques (DEHP, DBP, BBP, DIBP) sont des plastifiants utilisés depuis les années 1930 dans le PVC souple. Ils ont été identifiés comme perturbateurs endocriniens (toxiques pour la reproduction, classification CMR catégorie 1B selon CLP). Le règlement REACH les a inscrits en annexe XIV (autorisation) puis interdits dans les jouets, dispositifs médicaux contact alimentaire et certains équipements électroniques. Les alternatives DOTP (di-octyl téréphtalate, Eastman 168), DINCH (1,2-cyclohexane dicarboxylic acid diisononyl ester, BASF Hexamoll®) et plastifiants citrates (Roquette) sont aujourd'hui dominantes.

Quel retardateur de flamme choisir aujourd'hui sans bromés ?

Les retardateurs bromés (PBDE, HBCD) ont été progressivement bannis (POP) au profit de trois alternatives : (1) les retardateurs phosphorés (RDP, BDP, TPP, ICL Sol-DP) pour ABS, PC, polyamides ; (2) les hydroxydes minéraux (ATH alumine trihydratée, MDH magnésium hydroxyde) pour câbles, bâtiment, à 50-65 % en charge ; (3) les retardateurs intumescents APP (polyphosphate d'ammonium) pour polyoléfines. Le choix dépend du polymère, de la classe UL94/Euroclasse visée et du coût (les phosphorés sont 2-3x plus chers que bromés).

Combien d'additifs trouve-t-on dans une pièce plastique typique ?

Une pièce plastique commerciale contient typiquement 5 à 15 additifs différents : antioxydant primaire (phénolique, 0,05-0,2 %) et secondaire (phosphite, 0,05-0,1 %) ; stabilisant UV HALS (0,1-0,5 %) si exposition extérieure ; lubrifiant interne (stéarate de calcium 0,1-0,3 %) ; pigments inorganiques (TiO₂ 1-5 %) ou organiques (colorants 0,01-1 %) ; charge minérale (carbonate de calcium, talc 5-30 %) ou fibres de verre (15-50 %) ; éventuellement retardateur de flamme (10-30 %) et anti-statique (0,1-1 %). Au total, les additifs représentent 1 à 50 % du poids final selon application.

Existe-t-il des additifs biosourcés pour plastiques ?

Oui, plusieurs familles biosourcées existent et progressent : plastifiants à base de glycérine (Roquette Polysorb®), de citrates (acide citrique d'origine fermentation), d'isosorbide (Roquette Polysorb® ID 37) et d'huile de colza modifiée ; antioxydants à base de tocophérols (vitamine E naturelle), d'extraits de romarin pour PE alimentaire ; lubrifiants à base d'esters d'huiles végétales (Croda Crodamide). Les additifs biosourcés représentent 3-5 % du marché français en 2024 et progressent à +15 %/an.

Combien coûte un additif spécifique pour plasturgie ?

Les prix dépendent fortement du grade et du volume. À titre indicatif : antioxydants phénoliques (Irganox) 8-15 €/kg ; phosphites (Irgafos) 6-12 €/kg ; HALS standards 12-25 €/kg, polymères 30-80 €/kg ; benzotriazoles UV 25-45 €/kg ; retardateurs phosphorés RDP/BDP 8-18 €/kg ; ATH/MDH 0,8-1,5 €/kg en vrac ; plastifiants DOTP, DINCH 1,8-3 €/kg ; pigments TiO₂ 2,5-4 €/kg ; masterbatches concentrés 8-50 €/kg selon principe actif.

Comment référencer mon usine d'additifs pour plasturgie ?

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