Emmanuel Macron a fait étape ce lundi dans le Pays d'Olmes pour lancer officiellement le chantier d'Occitanie Géotex, une future usine spécialisée dans la fabrication de géotextiles à base de chanvre et de laine. Un projet de 30 à 32 millions d'euros qui doit redonner un souffle industriel à un territoire historiquement marqué par le textile, et que le maire de la commune, Patrick Laffont, qualifie de « vertueux, souverain et industriel ».
Une friche textile transformée en site industriel d'avenir
L'usine s'implantera sur l'ancien site SAGE, une friche emblématique de la désindustrialisation ariégeoise — l'entreprise textile qui occupait les lieux a employé jusqu'à un millier de salariés à son apogée. Aujourd'hui, c'est un projet d'un tout autre ordre qui prend forme : produire industriellement, et pour la première fois à cette échelle en France, des géotextiles biosourcés et biodégradables destinés à la construction, aux travaux routiers et à l'agriculture.
La matière première sera locale. L'usine s'appuiera sur une filière régionale mobilisant plusieurs centaines d'acteurs et environ 8 000 hectares de cultures en Occitanie, ce qui ancre le projet dans une logique agricole de proximité autant qu'industrielle. Le procédé retenu, l'hydroliage, doit permettre de produire jusqu'à 10 millions de mètres carrés de matériaux par an à pleine cadence.
40 emplois directs, 120 indirects et un objectif de souveraineté
Pour Patrick Laffont, le maire de Laroque-d'Olmes, l'arrivée du chef de l'État représente une véritable consécration.
« C'est la cerise sur le gâteau. » — Patrick Laffont, maire de Laroque-d'Olmes
Il souligne l'investissement et la cinquantaine d'emplois nets attendus, accompagnés d'environ 200 emplois indirects selon ses estimations. Les chiffres communiqués par l'Élysée évoquent quant à eux 40 emplois directs et plus de 120 indirects.
L'ambition commerciale est claire : capter 5 à 7 % du marché national des géotextiles, pour un chiffre d'affaires visé de 27 millions d'euros. L'enjeu dépasse cependant la seule économie locale. Présidée par Victor Lamego, Occitanie Géotex se positionne comme une alternative française aux solutions pétrosourcées qui dominent aujourd'hui le marché — un argument central dans le discours de réindustrialisation porté par l'exécutif.
Un soutien public massif via France 2030 et la Région Occitanie
Le projet bénéficie d'un appui financier substantiel des pouvoirs publics. Il est soutenu par l'État à hauteur de 6 millions d'euros, par le biais du programme France 2030, via l'Ademe. À cela s'ajoute un soutien régional important : la Région Occitanie, présidée par Carole Delga, intervient notamment via l'Aris pour près de 3 millions d'euros en capital. Au total, le soutien public dépasse les 9 millions d'euros.
Décryptage
Sur place, Emmanuel Macron a insisté sur les retombées agricoles et la cohérence territoriale du projet, qu'il rattache à son plan ciblant 150 projets industriels stratégiques. « À horizon de deux ans, on va passer dans une étape industrielle qui va complètement changer le territoire et à laquelle je crois beaucoup », a-t-il déclaré devant les acteurs du projet.
Carole Delga, de son côté, a salué une démarche dépassant le seul cadre de l'usine : transformer une friche en outil industriel d'avenir, des ressources locales en innovation, et une ambition politique en emplois durables.
Une dynamique économique pour tout le Pays d'Olmes
L'effet d'entraînement attendu dépasse Laroque-d'Olmes. Le maire de Lavelanet, commune voisine également concernée par les retombées, voit dans ce projet le signe d'un redressement progressif.
« Économiquement, on est en train de redorer le blason. » — Maire de Lavelanet
Il évoque une dynamique qui irrigue l'ensemble du bassin. Le projet repose aussi sur des partenariats industriels de proximité, notamment avec Sage Automotive Interiors et Superyarn, dans une logique assumée de relocalisation de chaînes de valeur. Première machine en service prévue : fin 2026.
Cap sur l'hôpital de Lavelanet, puis l'Andorre
Après la pose symbolique de la première pierre, le déplacement présidentiel s'est poursuivi à Lavelanet, où Emmanuel Macron a visité l'hôpital du Pays d'Olmes — premier site hospitalier intégralement reconstruit en Occitanie dans le cadre du Ségur de la santé, pour un investissement étatique de 21,3 millions d'euros. Le chef de l'État rejoindra ensuite la Principauté d'Andorre, où il endossera son rôle de coprince et abordera notamment le dossier sensible de l'IVG, toujours interdite dans la principauté.
En résumé
Avec Occitanie Géotex, le Pays d'Olmes mise sur un trio gagnant : ressources agricoles locales (chanvre, laine), savoir-faire textile historique reconverti, et soutien public massif. Un pari industriel et écologique dont la réussite, attendue dès la fin 2026, sera scrutée bien au-delà de l'Ariège.